L’actuel sélectionneur du Tchad et consultant pour une chaîne de télévision suisse durant le Mondial estime que Vladimir Petkovic possède les qualités nécessaires pour gérer au mieux le parcours de l’EN. Il voit même cette dernière atteindre au minimum les quarts de finale de la compétition.
Après avoir réussi à relever des défis avec la Suisse, Vladimir Petkovic peut-il rééditer le même exploit avec l’Algérie ?
Oui, il peut le faire. J’en suis même persuadé. Il est en mesure de mener la sélection algérienne à bon port. Le fait que son contrat ait été renouvelé juste avant le Mondial est un signal positif pour les joueurs. En Equipe de France, en annonçant à l’avance le départ de Didier Deschamps après cette compétition, on sent le doute chez certains joueurs. À mon avis, c’est une excellente idée que la Fédération ait prolongé le contrat de Petkovic et de tout son staff jusqu’en 2028. J’irai même plus loin : il va gérer ce tournoi tranquillement et sans pression. Quant aux chances de l’Algérie au Mondial 2026, le nouveau format de la compétition constitue un avantage pour les Fennecs, qui peuvent aller loin dans ce tournoi.
Avez-vous suivi le match contre les Pays-Bas ?
Oui, et j’ai relevé de nombreux points positifs. Après une première mi-temps un peu compliquée, les Algériens ont parfaitement réagi. Les correctifs apportés par Petkovic ont produit leurs effets, comme l’atteste cette victoire arrachée au bout du suspense. J’ai regardé plusieurs matchs de préparation disputés cette semaine par des équipes qualifiées pour la Coupe du monde. Franchement, la plupart d’entre elles ont affiché un visage moins séduisant que celui de l’Algérie, qui a laissé une très bonne impression à Rotterdam.
Parlant de la méthode Petkovic, il a surtout cette faculté de bien gérer les grands tournois. Peut-on connaître votre avis ?
Effectivement, il transmet beaucoup de sérénité à travers son attitude. La polémique, il ne connaît pas. Il gère très calmement son groupe et, lorsqu’un problème survient, il le règle discrètement dans le vestiaire. Cela donne un peu moins de grain à moudre aux journalistes (rires).
Et de la liste des convoqués, qu’est-ce que vous en dites ?
Même lorsqu’il entraînait la Suisse, il était souvent critiqué pour certains de ses choix. Mais avec le temps, on a compris qu’il privilégiait l’état d’esprit du groupe en convoquant parfois des joueurs moins talentueux, mais capables de répondre à ses attentes sur le terrain, plutôt que des éléments au niveau supérieur mais susceptibles de perturber l’équilibre du vestiaire. Une Coupe du monde est une compétition longue. Par conséquent, il faut choisir des joueurs faciles à gérer. Si l’ambiance se détériore, cela se répercutera inévitablement sur les performances de l’équipe.
Pour preuve, il évite soigneusement de focaliser sur le premier match contre l’Argentine…
Il a raison. Il ne faut jamais faire de cette affiche contre l’Argentine un événement. En 2022, après avoir battu l’Argentine, l’Arabie Saoudite avait célébré pendant plusieurs jours ce succès historique. Au final, elle a été éliminée, tandis que l’Argentine remportait la Coupe du monde. Cela dit, pour le rendez-vous qui attend l’Algérie le 17 juin, quel que soit le résultat final, les Fennecs conserveront leurs chances de qualification. S’ils engrangent quatre ou six points lors des deux autres rencontres du groupe face à la Jordanie et à l’Autriche, ils pourront se qualifier pour le tour suivant grâce au nouveau format. Cela signifie qu’en cas de défaite contre l’Argentine, il n’y aura pas le feu à la maison. D’ailleurs, c’est plutôt une chance de jouer l’Argentine lors du premier match plutôt que du troisième.
Quelles sont les chances de l’Algérie dans ce Mondial ?
Je pense qu’avec le potentiel dont elle dispose, l’Algérie peut faire mieux qu’en 2014, où elle avait été éliminée en huitièmes de finale, et atteindre au minimum les quarts de finale.
M. S.





