Belloumi: «À l’époque, nos entraîneurs utilisaient la fibre patriotique pour nous motiver»

Publié le : 8 Juillet 2026

Lakhdar Belloumi pense qu’il est difficile de trouver un profil d’entraîneur local capable de relancer la sélection nationale et insiste sur le fait que les époques ne sont plus les mêmes par rapport au passé lorsque des coaches locaux avaient réussi de grosses performances à l’équipe nationale.

 

La rue algérienne réclame un coach local, trouvez-vous que cela est une revendication légitime ?

Franchement, vous connaissez ma position patriotique et mon attachement pour les gars de mon pays. Au jour d’aujourd’hui, je trouve qu'il est difficile de trouver un nom d’entraîneur algérien capable de relancer la sélection nationale dans l’état actuel des choses.

 

Quand vous étiez joueur, l’EN a réalisé d’excellents résultats, notamment sous les ordres du regretté Mahieddine Khalef…

(Il nous coupe) Mais à cette époque, la pâte existait en Algérie, il faut rendre hommage à des entraîneurs tels que Evgueni Rogov qui a fait avant un travail titanesque. Les résultats de l’équipe nationale dans les années 80 étaient le fruit d’un travail d’ensemble, ils ne sont pas tombés du ciel.

 

Il y a aussi la mentalité des joueurs qui était différente par rapport à ceux d’aujourd’hui. Qu’en pensez-vous ?

Je n’en disconviens pas. Les joueurs aujourd’hui gagnent bien leur vie, donc ils n’ont pas la mentalité que les anciens avaient, lesquels se défonçaient sur le terrain et dont le seul souci était de gagner le maximum de matchs.

 

C’est le rôle de l’entraîneur de transcender ses joueurs et de les gonfler à bloc avant d’entrer sur le terrain, non ?

Sincèrement, pour revenir à notre participation à cette Coupe du monde, je persiste et signe que ce n’est pas en jouant  quatre matchs amicaux qu’on va créer une équipe homogène et un collectif plus solide. Avant de participer à cette compétition, il fallait multiplier le nombre de matchs amicaux dans le but d’améliorer la cohésion et de parfaire les automatismes, chose qu’on n’a pas faite, malheureusement.

 

Quels discours vous tenaient les entraîneurs locaux à l’époque ?

Ils utilisaient naturellement cette fibre patriotique pour transcender les joueurs. Pour ces derniers, chaque match était un acte de militantisme et un devoir de sacrifice. Puis, il faut reconnaître que dans le staff technique, il y avait des noms historiques et respectables qui forgeaient le respect du vestiaire. Mekhloufi, Soukhane ou Khalef savaient trouver les mots pour nous galvaniser avant d’entrer sur le terrain.

 

Pour avoir été une légende comme joueur, cela suffirait-il pour entraîner l’équipe nationale ?

Non. On a vu d’anciennes stars, que ce soit chez nous ou à l’étranger, échouer lorsqu’ils furent nommés au poste de sélectionneur national. Entraîner l’équipe nationale, c’est une lourde responsabilité, aussi il faut avoir une grosse expérience dans le métier d’entraîneur, ce qui est un facteur primordial pour pouvoir réussir. Personnellement, je détiens des diplômes de haut niveau, mais je n’ai jamais été tenté de prendre un poste de sélectionneur national (il a été adjoint au milieu des années 2000, ndlr). En revanche, si on me sollicite pour un rôle de directeur technique, je peux, de par mon vécu et ma riche expérience dans le football, servir mon pays.

 

Entretien réalisé par: M. Stitou

 

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Il présente ses condoléances à la famille d’Amar

Dimanche soir, l’ancienne légende de l’USMBA Ahmed Amar s’est éteinte. Très touché et triste par sa disparition, Lakhdar Belloumi tient à présenter ses condoléances à la famille du défunt et lui assure de sa profonde sympathie après cet évènement malheureux.