Sélectionneur des Comores et fin connaisseur du football algérien pour avoir dirigé la JSK, l’USMA, l’ESS et le CSC, Hubert Velud a accepté de se livrer sur les chances des Verts à l’approche de la Coupe du monde. Entre analyse du groupe, cas individuels et lecture globale de l’effectif, le technicien français se montre à la fois mesuré et optimiste.
L’Algérie a hérité de l’Argentine, de l’Autriche et la Jordanie lors de la prochaine Coupe du monde. Comment jugez-vous les chances des Verts dans ce groupe relevé ?
L’Algérie a toute ses chances dans cette édition de la Coupe du monde. Certes, l’Argentine part favorite, c’est une grande nation du football, mais derrière tout reste ouvert. Les Verts ont un effectif de qualité et surtout de l’expérience. S’ils parviennent à bien entamer la compétition, ils peuvent vraiment réaliser un bon parcours.
Et concernant la Jordanie et l’Autriche ?
La Jordanie est plus ou moins prenable, même s’il ne faut jamais sous-estimer ce type d’équipe. L’Autriche, en revanche, est plus difficile à manier. C’est une formation disciplinée, rigoureuse, avec une vraie culture tactique. Mais encore une fois, l’Algérie a les moyens de rivaliser.
L’Algérie peut-elle se contenter de viser uniquement les seizièmes de finale du Mondial ?
Il faut d’abord passer le premier tour. Ensuite, dans ce type de compétition, tout devient possible. Une fois en seizièmes, la dynamique peut changer beaucoup de choses.
La récente blessure de Luca Zidane qui reste incertain pour le Mondial, peut-elle impacter les Verts ?
C’est une situation délicate. Même s’il revient, il peut y avoir une appréhension, une peur de rechuter. C’est humain. Le sélectionneur devra être très attentif à cet aspect.
Justement, que pensez-vous de Benbot, un gardien que vous avez connu à la JSK ?
C’est un gardien complet, avec beaucoup de qualités. Je suis heureux de l’avoir lancé à la JSK. Il a progressé et gagné en maturité. J’espère qu’il reviendra en équipe nationale, car il peut apporter un vrai plus avec son expérience. Il n’a pas annoncé sa retraite internationale par méchanceté, c’était un moment de colère. Il n’a rien fait de grave. C’est un gardien des grands rendez-vous. Aujourd’hui, je suis persuadé qu’il attend une convocation pour participer à la Coupe du monde. Le dernier mot revient au sélectionneur, c’est à lui de trancher et de prendre la meilleure décision pour la sélection.
Et sur le plan défensif ?
La charnière centrale des Verts assure et rassure. Belaïd est une révélation au niveau international. C’est un défenseur complet, avec du caractère. Bensebaïni, c’est le métronome de cette équipe, un véritable patron derrière. Et il ne faut pas oublier Mandi, qui apporte beaucoup de sérénité. Défensivement, l’Algérie est solide, c’est une vraie force.
Qu’en est-il du secteur offensif ?
C’est peut-être là où il y a le plus d’interrogations. On ne sait pas encore si Bounedjah sera retenu, mais pour moi il mérite d’être sélectionné. C’est un joueur d’expérience, capable de faire la différence dans les moments importants. Encore une fois, le dernier mot revient au sélectionneur.
Et le cas Amoura, qui ne joue pas beaucoup ces derniers temps ?
Sa situation m’inquiète un peu. Il ne joue pas beaucoup à l’approche de la Coupe du monde, et ça peut être un problème en termes de rythme. Mais il a des qualités indéniables. S’il retrouve du temps de jeu, il peut être une arme intéressante offensivement.
S. D.





