EN : Riyad Mahrez, merci pour tout !

Publié le : 5 Juillet 2026

Il y a des joueurs qui passent. Et puis il y a ceux qui marquent une génération entière. Riyad Mahrez appartient indéniablement à cette seconde catégorie. 

En annonçant sa retraite internationale, au lendemain de l'élimination de l'Algérie en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026, le capitaine des Verts a refermé l'un des plus beaux chapitres de l'histoire du football algérien.

 

12 ans

 

Pendant douze années, Mahrez n'a pas seulement porté le maillot de la sélection nationale. Il l'a incarné. À travers ses gestes techniques, ses accélérations, son pied gauche magique et son sang-froid dans les moments décisifs, il a offert aux Algériens des émotions que peu de joueurs ont su procurer. Pour toute une génération de supporters, son nom restera à jamais associé aux plus grandes heures des Fennecs.

 

« Hat’ha fel goal, ya Riyad ! »

 

Comment oublier ce mois de juillet 2019 ? Son coup franc lumineux contre le Nigeria, dans les ultimes secondes de la demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations, restera l'une des images les plus fortes de l'histoire du football algérien. Quelques jours plus tard, à la tête d'une équipe soudée, il soulevait le trophée continental au Caire, mettant fin à vingt-neuf années d'attente et offrant au peuple algérien une joie indescriptible. Hafid Derradji, notre compatriote de beIN SPORTS, avait sa renommée mondiale, mais on se demande si le but de Riyad contre les Super Eagles ne l’avait pas davantage boostée après son mémorable « Hat’ha fel goal, ya Riyad ! »

 

Un contrôle du ballon que seul Zizou lui contesterait

 

Mais Mahrez, ce n'était pas seulement des statistiques, des buts ou des passes décisives. C'était aussi une élégance rare, avec un contrôle du ballon, en course ou à l’arrêt, que seul Zizou pourrait lui contester. C’était aussi une humilité constante et un profond attachement à son pays. Malgré une carrière exceptionnelle en Europe, couronnée notamment par un titre de champion d'Angleterre avec Leicester City et une Ligue des champions avec Manchester City, il n'a jamais considéré la sélection comme une contrainte. Chaque rassemblement était pour lui un honneur, chaque match une responsabilité.

 

La dernière leçon du capitaine

 

Son discours d'adieu dans le vestiaire, les larmes aux yeux et la voix chargée d'émotion, résume parfaitement l'homme qu'il est. Plus que de parler de lui-même, il a rappelé à ses jeunes coéquipiers que le maillot de l'Algérie devait toujours être porté avec fierté, pour le pays, pour le drapeau. Une dernière leçon de capitaine. Bien sûr, les dernières années n'ont pas toujours été simples. Les critiques, parfois sévères, n'ont jamais cessé. On lui reprochait de ne plus être le Mahrez de ses plus belles saisons.  Mais ses deux buts contre l’Autriche sont venus rappeler à l’ordre les plus sceptiques. Et la belle reconnaissance est venue après l’élimination même contre la Suisse : aux moments forts de la colère des supporters, personne ne l’a insulté, que ce soit dans le stade, à sa sortie et même sur les réseaux sociaux, tant le capitaine gardait le respect de tous !

 

Une légende se juge sur l’ensemble de son œuvre

 

Les légendes ne se jugent pas sur leurs derniers matchs, mais sur l'ensemble de leur œuvre. Et celle de Riyad Mahrez est immense. Son départ laisse un vide. Un vide technique, tant son talent était unique, mais aussi un vide humain. Car au-delà du joueur, c'est un leader respecté qui quitte le vestiaire des Verts. Les générations futures auront la lourde responsabilité de prolonger l'héritage laissé par celui qui a porté le brassard avec dignité et exemplarité. Les hommages qui affluent depuis l'annonce de sa retraite illustrent l'immense respect qu'il inspire. De la Confédération africaine de football aux milliers de supporters anonymes, tous saluent un joueur qui a fait rayonner les couleurs de l'Algérie.

 

L’héritage de RM7

 

Riyad Mahrez quitte la sélection nationale, mais il ne quittera jamais la mémoire des Algériens. Son nom restera gravé parmi les plus grands, aux côtés des héros qui ont façonné l'histoire des Verts. Les matchs passeront, les générations se succéderont, mais certaines images demeureront éternelles : son coup franc contre le Nigeria, son sourire en soulevant la CAN 2019, et cette phrase prononcée dans le vestiaire pour son dernier adieu : « Le plus important, quand on vient ici, c'est de jouer pour le pays, pour le drapeau. » Merci, capitaine. Merci pour les émotions. Merci d'avoir fait rêver toute une nation. L'histoire retiendra qu'avant de partir, tu as laissé aux Verts bien plus que des victoires : un héritage.

H. D.