Nihad Souqar est une grande figure du football jordanien. Né en 1957, en Jordanie, il a porté les couleurs de clubs jordaniens comme Al-Faisaly, Al-Ahli et Al-Jeel, syriens aussi à l’instar d’Al-Wehda et Al-Jaish. Il a été sélectionneur olympique jordanien (U23) entre 2006 et 2007, et a entraîné Al-Ahli Amman et Shabab Al-Hussein.
Nihad Souqar a été formateur au sein de la Fédération jordanienne de football et, surtout, expert technique, analyste et membre de groupes d’étude des compétitions au niveau de la Confédération asiatique de football.
L’Algérie et la Jordanie vont s’affronter dans un match décisif en phase finale du Mondial 2026. Qu’en dites-vous ?
D’abord, je dois dire que je suis honoré que vous fassiez appel à moi pour un tel entretien. Après, je ne vous apprendrai rien en disant que les Jordaniens aiment l’Algérie et les Algériens, les dispositions mentales qui les animent tout le temps et l’engouement de leurs supporters envers la sélection nationale. L’Algérie a perdu (3-0) contre l’Argentine, mais le score ne reflète nullement la physionomie de la partie. La sélection jordanienne, dénommée Al-Nashama (Ndlr, les Braves, les Chevaleresques), n’a pas le niveau de la sélection algérienne, dont la plupart des joueurs évoluent en Europe, contrairement à nous qui en avons un seul jouant dans le Vieux Continent. Votre sélection a clairement les faveurs du pronostic.
Mais sur un match, tout peut arriver…
Effectivement, le football ne reconnait ni l’histoire ni les valeurs de l’équipe supposée plus forte. On a besoin des trois points après avoir perdu le premier match, comme l’Algérie d’ailleurs, la victoire reviendra à celui qui marquera le plus de buts.
Selon vous, où résident les points forts et faibles de la sélection algérienne ?
Son attaque est foudroyante avec des offensives incessantes soutenues notamment par les arrières latéraux. Le point faible, à mon sens, c’est que le repli défensif ne se fait pas très bien.
Y a-t-il un joueur en particulier redouté par les Jordaniens ?
Sans hésiter, je dis : Riyad Mahrez qui a un grand nom. Je suppose qu’il sera aligné d’entrée cette fois. Il n’est pas le seul joueur à redouter, l’Algérie en a tellement d’autres qu’il faudra avoir une vigilance de tous les instants.
Le sélectionneur algérien a-t-il fait une erreur en ne titularisant pas Mahrez contre l’Argentine ?
J’ignore les conditions qui ont dicté ce choix, mais j’avoue que j’ai été surpris de voir Mahrez sur le banc. Et quand il est rentré, le score était déjà de 3-0, il lui était difficile de renverser la vapeur dans ces conditions.
Comment la Jordanie pense-t-elle s’en sortir avec Messi ?
Là, je vais peut-être vous surprendre. Nous jouerons l’Argentine au troisième match, Messi et ses camarades auront sans doute déjà assuré leur qualification, peut-être qu’ils se donneront moins et qu’on pourra leur arracher un point. Et comme je l’ai relevé, il y a peu, le football ne reconnait ni l’histoire ni les valeurs de l’équipe supposée plus forte.
On vous laisse conclure comme vous le souhaitez…
Sincèrement, je souhaite que la fraternité arabe prédomine avant tout. Mais cela n’empêche les deux pays de s’affronter sportivement, c’est le droit de tout un chacun. L’Algérie et la Jordanie ont l’obligation d’honorer la fraternité qui les lie, mais aussi de se donner à fond en quête de qualification au prochain tour. Bien évidemment, je veux de tout cœur qu’on arrive à battre l’Algérie. Si cela se produit, ce serait une performance extraordinaire.
De nos envoyés spéciaux en Amérique: Ouassel Mounir. Asma Halimi, Kamil Salhi et Halim Djender





