Lemouchia : « Le bilan est positif, mais il y a des choses à revoir »

Publié le : 18 Janvier 2026

Pour l’ancien international Khaled Lemouchia, le bilan de l’EN à la CAN est positif, toutefois, il juge que l’entraineur national doit  rectifier les lacunes qui y ont été constatées, afin, dit-il, de bien préparer le prochain Mondial.

 

Quand on joue une CAN, et qu’on s’apprête juste quelques temps après, à disputer une Coupe du monde, les joueurs ont tous envie de briller dans la compétition continentale afin de garantir leur place au Mondial, votre avis ?

Effectivement, les performances de l’équipe à la CAN peuvent  influencer les choix de l’entraineur. Quand elles ne sont pas bonnes, avec la pression médiatique, en ajoutant celle de la rue, l’entraineur pourrait être amené à changer l’effectif en écartant des éléments avec le motif que ces derniers n’ont pas été bons à la CAN. Mais parfois, c’est lui qui saute.

 

Pour les joueurs qui se sont battus en éliminatoires de la Coupe du monde, les priver de cette compétition, ce ne serait pas une forme d’ingratitude qui ne dit pas son nom ?

Je n’en disconviens pas, surtout lorsque vous jouez toutes les éliminatoires, il serait anormal que vous soyez écarté alors que vous aviez contribué à la qualification en phase finale. Franchement, effectivement c’est une injustice à l’encontre de ces joueurs.

 

Vous l’aviez vécu avant la Coupe du monde 2010, lorsque l’ancien sélectionneur, Rabah Saâdane, vous avait écarté de la liste de joueurs retenus pour cette compétition…

Bon, pour être clair, il y avait une incompréhension entre Saâdane et moi. Du coup, j’ai décidé de quitter le stage en Angola en pleine CAN, cela n’a pas été du gout de certains, mais je resterai toujours fidèle à mes principes, ce qui est une chose très importante pour moi, en ma qualité d’homme.

 

Avec du recul, vous auriez fait la même chose ?

Là, on est en 2026, cette histoire remonte à 16 ans. Qui sait ? Peut-être je ferais le dos rond ! Cela dit, je pense qu’on est victime de notre éducation. Nos parents nous ont appris des principes, qu’on ne doit pas bafouer, et ce, quelles que soient les circonstances.

 

Passons à autre chose, comment jugez-vous le parcours de l’EN à la CAN 2025 ?

D’une manière globale, il est positif. N’oublions pas, on a perdu contre une grosse équipe (Nigeria). Quand on sort de deux éliminations successives au premier tour (CAN 2021 et 2023), le fait d’avoir fait carton plein dans la phase de poules et battre la RDC en 8e de finale, on ne va pas faire quand même la fine bouche. Dans cette CAN 2025, on a constaté la naissance d’un groupe. Maintenant, l’entraineur national a six mois devant lui, pour rectifier ce qui n’a pas bien marché à la CAN. Avec la programmation de matchs amicaux avant la Coupe du monde, il y aura certainement des choses à améliorer dans cette équipe afin qu’elle soit prête sur tous les plans, pour le Mondial.

 

Face au Nigeria, l’absence de Bennacer a-t-elle été préjudiciable à l’équipe ?

Ce qui est embêtant, on a senti qu’il commençait à retrouver son meilleur niveau, on a même revu le joueur de 2019, lorsqu’il fut sacré meilleur joueur de cette CAN. Face à la RDC, avant de sortir sur blessure, il avait fait un match top. Néanmoins, une équipe ne doit pas reposer sur un seul joueur, les solutions pour remplacer les absents existent toujours.

 

Faut-il, après cette élimination, tout remettre en cause ?

Nous, les Algériens on réagit toujours dans l’émotion, même quand on gagne, on trouve toujours à redire. Franchement des joueurs comme Boulbina, Belaid, Abdelli ou Belghali ont marqué des points. Maintenant, une fois la tète froide, on doit faire une bonne analyse afin de repartir du bon pied en Coupe du monde.

M. S.