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Aoudia-Fonction : buteur et aiguilleur des surfaces de réparation

L’Entente de Sétif s’est adjugé son 6e titre de champion de son histoire.

Pour chaque Sétifien, ce titre a sans doute un goût très spécial, d’autant qu’il est intervenu une année seulement après la perte du maître à jouer de l’équipe, à savoir Abdelmoumène Djabou, qui est allé tenter une expérience à Tunis. Les signaux n’étaient pas forcément tous au vert en début de saison, car il y a eu un recrutement massif et surtout tardif. Seulement, la direction du président Hamar a eu le bon réflexe de garder les piliers de l’équipe, et ce, malgré la crise financière qui a secoué le club.

 

Parmi ces éléments retenus dans le groupe, le nom d’Aoudia ne peut pas passer inaperçu. Le pur produit de l’IR Hussein Dey est le meilleur buteur du club, sa présence en attaque a facilité la tâche à Velud, mais aussi avant lui à Geiger qui a bâti ses plans en fonction des grandes capacités de ce ‘’monstre’’ qui continue de confirmer tout le bien qu’on pense de lui, et ce, depuis qu’il a rejoint le premier palier en 2005.

 

De l’IRHD au CRB : court déplacement, mais un grand bond

Mohamed-Amine Aoudia est né le 6 juin 1987 à El-Harrach. C’est à Beaulieu, l’un des célèbres quartiers de la daïra, qu’il s’initiera au football avec les amis, avant de rejoindre l’Ittihad d’Hussein Dey, l’IRHD. C’est dans ce second club d’Hussein Dey qu’il deviendra attaquant, son gabarit lui permettait d’écraser ses vis-à-vis en junior et cela n’est pas passé inaperçu, poussant les dirigeant du Chabab de Belouizdad à s’intéresser à lui puis à lui faire signer un contrat à l’âge de 18 ans. Il intègre l’équipe première du CRB durant l’été 2005 et petit à petit il se fraye un chemin dans le onze belouizdadi.

Les débuts ont certes été difficiles pour Mohamed Amine, il découvrait la D1, mais il a su résister aux exigences des fans et à cette pression qui, au lieu de le détruire, vu son jeune âge, l’a plutôt fait mûrir. Son éclosion aura lieu l’année qui a suivi son arrivée, quand il a été élu meilleur joueur de l’équipe, avec à la clé quelques convocations en équipe nationale olympique. Le départ de Messaoud et Amroune l’année suivante lui a permis de prendre davantage de responsabilités, mais aussi une place dans le cœur des fans du CRB. C’était lors de sa troisième saison sous le maillot rouge et blanc.

 

Menadi et les millions d’ArcelorMittal, le passage inévitable

Après une belle 3e saison à Belcourt, c’est l’USM Annaba et son président Menadi qui feront les yeux doux à Aoudia. Pas question pour l’actuel international de rater une telle occasion de s’enrichir. A 21 ans seulement, il signe une année renouvelable à Bône pour la coquette somme de 800 millions de centimes (environ), un départ qui fut mal digéré par les fans chababistes.

À l’image des résultats du club annabi durant cette saison qui devait pourtant être celle de tous les espoirs, Aoudia ne réussira pas à s’imposer. Il a certes marqué quelques buts, mais il y avait beaucoup de problèmes internes pour entrevoir un avenir dans cette ville de l’est du pays. Alors au terme d’une saison ratée, il décide de plier bagage.

 

La JSK et la Champions League, un rêve qui devient réalité

Pour donner un sens à une carrière, quoi de mieux qu’une participation à une compétition continentale. En décidant de quitter Annaba, Mohamed-Amine Aoudia savait qu’il fallait rester en haut et essayer de faire mieux, c\'est-à-dire tenter de vivre une aventure et éventuellement gagner un titre et compenser celui qu’il a raté en quittant le Chabab pour Annaba, car le CRB, entre-temps, a décroché la Coupe d’Algérie. C’est là qu’une offre en provenance de la JSK est arrivée, Hannachi en personne voulait Aoudia dans son équipe, car la JSK venait de garantir sa présence en C1 la saison d’après. Le challenge par excellence qu’aucun joueur n’aimerait rater. Le natif d’El-Harrach, au bout de quelques tentatives de déstabilisation de Menadi qui était furieux de voir son attaquant partir si facilement, signe son contrat avec la JSK, où il vivra une aventure inoubliable en Ligue des champions. Il deviendra le buteur de l’équipe dans cette compétition, il écrasera le Ahly du Caire, l’Ismaïly, les Nigérians de Heartland, pour ne citer que ceux-là, avant de buter sur la solide équipe du TP Mazembe en demi-finale. Aoudia n’ira pas au bout de l’aventure avec les Kabyles.

 

Kidiaba (gardien du TP Mazembe) : «Il me faisait peur» 

En deux rencontres seulement, les Congolais du TP Mazembe, champions d’Afrique en titre, ont pu découvrir Aoudia. D’ailleurs, le gardien Robert Kidiaba, célèbre par sa danse et par ses arrêts réflexe, nous avait déclaré quelques semaines après la fin de l’aventure qu’il avait toujours peur en voyant Aoudia face à lui, dans la surface : «Votre attaquant-là l’avant-centre, le grand avec sa coupe de cheveux spéciale et sa barbe, il me faisait peur, il était toujours présent et ne perdait aucune balle», nous disait-il en évoquant Aoudia qui ne lui a certes pas marqué, mais qui était toujours là, menaçant grâce à son style de jeu qui fait sa spécificité.

 

6 mois au Zamalek puis un retour réussi au pays via Sétif

L’aventure avec la JSK ne durera pas plus d’un an et demi. Il a connu quelques problèmes personnels qui le perturbaient et dérangeaient le président de la JSK qui décide de le transférer. C’est le Zamalek du Caire qui aura finalement ses services contre 200 000 euros en janvier 2011. Houssem Hassan et Brahim Hassan, les jumeaux égyptiens ont fait de leur mieux pour recruter le joueur, mais ils ne l’utiliseront que rarement durant les 6 mois de présence au Caire, avant de rentrer au pays, à l’ESS, au mois de juin et faire partie du groupe qui décrochera le doublé coupe-championnat, en 2012, et d’enchaîner cette saison avec la même équipe avec un titre de champion.

 

L’Europe, l’autre rêve qui pourrait se réaliser

Aoudia sera en fin de contrat cet été, il aurait décidé de changer d’air. D’ailleurs, le Club Africain tunisois le veut coûte que coûte. L’hiver dernier, l’équipe de Bab Jdid a même tenté de lui faire signer un contrat, mais le joueur a bien fait de patienter, car son rêve c’est d’aller tenter une expérience en Europe où Ajaccio serait déjà intéressée par ses services. Velud, son coach corse à l’ESS, lui ayant même promis de l’aide.

Quelques clubs du Golfe sont aussi sur ses traces. Les Qataris, admiratifs du jeu physique, sont prêts à satisfaire ses exigences financières, mais l’ancien étudiant de la faculté des sciences économiques et de gestion de Dely Ibrahim n’a d’yeux que pour le Vieux Continent où il veut aller tenter une expérience qui le rendra plus fort et lui permettra de réaliser son rêve d’enfance.

S. M. A.

 

 

 

 

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