EN : «Objectif atteint !» se plaît à dire Vlado

Publié le : 4 Juillet 2026

Après l’élimination de l’Algérie face à la Suisse (0-2), en seizièmes de finale de la Coupe du monde, Vladimir Petkovic a livré une longue analyse dans laquelle il a tenté d’expliquer la défaite, de défendre ses choix et de relativiser le parcours des Verts. Un discours oscillant entre justification et lucidité, mais qui ne dissipe pas totalement les interrogations.

 

Pour le sélectionneur, la rencontre s’est jouée sur des détails. Petkovic estime que son équipe avait bien entamé le match, avec des intentions offensives et des situations intéressantes. Mais il reconnaît que le premier but encaissé a rapidement changé la dynamique de la rencontre. Il souligne également la qualité de l’adversaire : une Suisse «très bien préparée», plus solide et plus efficace en seconde période.

 

«Nous avons payé chaque erreur»

 

Interrogé sur les problèmes défensifs récurrents, Petkovic refuse de désigner uniquement sa défense. Il évoque plutôt un problème collectif, lié au comportement défensif de toute l’équipe. Selon lui, chaque erreur a été lourdement sanctionnée durant cette Coupe du monde. «Je ne dirais pas que c'est uniquement la défense, mais plutôt le comportement défensif de toute l'équipe. Nous avons payé cher chaque première erreur, qui s'est presque toujours transformée en but. Aujourd'hui, jusqu'au deuxième but suisse, notre adversaire n'avait eu que trois occasions, dont deux se sont terminées au fond des filets, alors que nous nous en sommes procuré davantage. Avant la Coupe du monde, nous étions solides défensivement, mais ici le niveau est beaucoup plus élevé. Nous devons mieux nous organiser et nous adapter à cette exigence.»

Il admet aussi une réalité plus simple : face à des adversaires d’un niveau supérieur, l’Algérie a souvent subi. Le sélectionneur insiste sur la différence entre les matches de préparation et une Coupe du monde. Il reconnaît que son équipe était auparavant solide défensivement, mais que le niveau mondial impose une exigence différente. Une manière de relativiser les difficultés rencontrées, tout en admettant implicitement une adaptation insuffisante.

 

«Les seizièmes de finale, c’est déjà un grand succès»

 

Sur le bilan global, Petkovic adopte un ton résolument positif. Il rappelle que l’Algérie a franchi la phase de groupes, ce qui reste un fait historique dans son parcours récent. Il évoque également plusieurs «bonnes séquences de jeu», notamment en début de match face à la Suisse.  «Dans une compétition de ce niveau, atteindre les seizièmes de finale constitue déjà un grand succès. Passer la phase de groupes pour seulement la deuxième fois de notre histoire est un excellent résultat. Nous voulions aller plus loin, mais, de manière réaliste, nous n'en avons pas été capables. Nous devons accepter cela, apprendre de nos faiblesses, tout en retenant les nombreux aspects positifs. Nous avons proposé beaucoup de bonnes séquences de jeu. Aujourd'hui encore, nos quinze premières minutes étaient de très haut niveau international. Malheureusement, nous n'avons pas marqué et nous avons encaissé un but. Il faut voir le verre à moitié plein, laisser un peu de temps passer, puis reprendre le travail pour progresser davantage et devenir plus compétitifs», a-t-il justifié.

Mais ce discours optimiste contraste avec la frustration du public et les limites affichées sur le terrain.

 

«Jouer sans pivot ? Ce choix, comme une erreur»

 

Le choix de ne pas aligner un véritable avant-centre reste l’un des points les plus contestés. Petkovic assume sa décision : «Aujourd'hui, je ne disposais que d'un seul véritable avant-centre et j'ai voulu le préserver en vue d'une éventuelle réaction en cours de rencontre. Je pense que nous avons réalisé une excellente première période et je ne considère pas que ce choix ait été le point faible de l'équipe», dira-t-il.

Il ajoute néanmoins : «Si vous voulez que j’admette une erreur, alors j’assume toutes les responsabilités», une formule qui laisse planer le doute sur une véritable remise en question.

 

«La Suisse possède davantage de qualités que nous»

 

Dans son analyse, Petkovic insiste sur la supériorité de certains adversaires. Il cite la Suisse, mais aussi d’autres équipes de haut niveau, qu’il juge plus fortes dans l’état actuel des choses. Une lecture qui met en évidence un écart encore important avec les nations installées au plus haut niveau mondial. Le sélectionneur national invite à relativiser cette élimination. Selon lui, l’Algérie a atteint une partie de ses objectifs, même si le rêve de franchir un cap supplémentaire ne s’est pas concrétisé. Il appelle à accepter le résultat et à poursuivre le travail. «Je suis d'accord pour dire que nous n'avons pas obtenu le résultat dont certains rêvaient depuis douze ans. Mais nous avons réalisé un bon parcours. Je suis très satisfait et j'ai félicité mes joueurs pour tout ce qu'ils ont accompli», a-t-il conclu.

 

De nos envoyés spéciaux en Amérique: Ouassel Mounir. Asma Halimi, Kamil Salhi et Halim Djender