Cviko : «L’Algérie passera le 1er tour en Coupe du monde»

Publié le : 9 Mai 2026

L’ancien entraîneur du CS Constantine, le Bosnien Rusmir Cviko, actuellement entraîneur du club saoudien Al-Wehda FC, a quitté le club constantinois au mois de décembre 2025 du fait qu’il n’a pas perçu cinq salaires et autres dus financiers. Il a déclaré avoir préféré ne pas s’exprimer après son départ de Constantine, mais il estime que le moment est venu de clarifier certains points. Il a également regretté la perte de l’objectif de remporter la Coupe d'Algérie, qui était pourtant à la portée du CS Constantine. Par ailleurs, il a évoqué des contacts avec des clubs algériens intéressés par ses services pour la saison prochaine.

 

Vous êtes actuellement entraîneur du club saoudien Al-Wehda. Comment se passent les choses et quels sont les résultats ?

Tout d’abord, je voudrais vous saluer et vous remercier pour cette interview. Je salue tous les lecteurs du quotidien Compétition ainsi que le public sportif algérien. Oui, je suis actuellement en Arabie saoudite au club d’Al-Wehda FC, qui est l’un des clubs les plus célèbres du pays et le premier vainqueur de la Saudi Super League. Avant mon arrivée, le club occupait la 17e place sur 18 après 10 matchs disputés et se trouvait dans la zone de relégation. La direction m’a confié la mission de redresser la situation et de sauver le club. Dès mon arrivée, nous avons enchaîné quatre victoires consécutives et quitté la zone de relégation. Actuellement, après 32 journées, nous sommes 10es à six journées de la fin. Nous avons assuré le maintien et notre mission est accomplie. Maintenant, je donne une chance aux jeunes joueurs que nous voulons développer afin qu’ils gagnent en confiance et en expérience dans ce championnat.

 

Les fans du CSC ont été surpris par votre départ du club, surtout après le match contre la JS Kabylie, où l’équipe a gagné avec dix joueurs et s’est ensuite brillamment qualifiée en 8es de finale de la Coupe d’Algérie face à la JSEB…

J’ai quitté le club après deux grands matchs, notamment contre la JS Kabylie en championnat, où nous avons gagné en étant en infériorité numérique. Nous avons aussi assuré la qualification avec une victoire (4-1) en Coupe d'Algérie contre le leader de la L2 amateur, la JSEB. Personnellement, je voulais poursuivre ma mission, mais c’était plus fort que moi. La situation imposée par le club m’a contraint à partir.

 

D’après nos informations, vous avez travaillé pendant cinq mois sans salaire en raison de problèmes administratifs, et, malgré cela, vous étiez prêt à continuer…

Je suis content que vous posiez cette question, car je veux clarifier la situation pour les supporters du CS Constantine et pour tout le public algérien. Mon staff et moi, de juillet à décembre, nous n’avons reçu aucun salaire. Nous avons des familles à nourrir, et nous n’étions pas en mesure d’assurer des conditions minimales. Malgré plusieurs négociations avec les dirigeants du club pour nous régulariser, rien n’a été fait. Nous avons informé le club par écrit, ainsi que via notre avocat, que le club ne respectait pas ses obligations. Nous avons été corrects, car légalement nous pouvions partir après 15 jours. Le club le savait, mais nous sommes restés cinq ou six jours de plus pour terminer le match de Coupe d'Algérie gagné face à la JSEB, car nous ne voulions pas abandonner l’équipe avant ce rendez-vous important.

 

Malgré les problèmes de salaire, vous étiez heureux de travailler au CS Constantine, qui était devenu comme une famille pour vous…

Je suis tombé amoureux de Constantine. Les habitants m’ont très bien accueilli et je les en remercie. Nous étions toujours bien reçus. Les supporters sont parmi les meilleurs en Algérie. Je suis seulement désolé que tout se soit terminé ainsi, car nous avions créé une relation familiale, ce qui était mon objectif.

 

Donc, le problème est venu de la nouvelle direction, à sa tête le directeur sportif Tarek Arama…

La relation était froide dès l’arrivée de M. Tarek Arama. J’ai demandé un stage bloqué car les conditions d’entraînement n’étaient pas bonnes afin de bien préparer un match important, mais il a refusé immédiatement en disant qu’il n’y avait pas d’argent. Nous n’avons jamais eu la communication nécessaire. Il me considérait comme un héritage de l’ancienne direction. Nous n’avons jamais eu de réunion. Il connaissait pourtant nos problèmes de salaires. Il disait aux joueurs de s’inspirer du staff qui travaillait sans être payé depuis cinq mois, mais lui-même n’a rien fait. Quand nous avons décidé de partir, il est venu sans solution et a tenu des propos déplacés envers mon staff.

 

Arama est arrivé avec l’intention de ramener un nouveau staff technique, c’est pour cela qu’il n’a pas voulu que vous restiez…

M. Tarek Arama a engagé un entraîneur selon ses souhaits. Cependant, l’équipe aurait pu faire beaucoup plus, surtout avec cinq nouvelles recrues. Moi, je n’avais recruté personne, même si je voulais quatre joueurs. Malgré ces renforts, les résultats sont similaires, voire moins bons. Je dirais qu’un seul homme ne peut pas tout diriger. Le club est un travail collectif. Aujourd’hui, le CS Constantine dépend d’une seule personne, ce qui est problématique. Un club doit fonctionner avec plusieurs structures : équipe, supporters, marketing, médias, jeunes, staff, etc.

 

L’opportunité a été perdue par le CS Constantine de remporter la Coupe d’Algérie, surtout que le tirage lui a été favorable…

Le CS Constantine avait une grande chance de remporter la Coupe d'Algérie, cette année. Après mon départ, l’équipe a pourtant été renforcée par plusieurs joueurs, mais les choses n’ont pas marché. C’est dommage !

Lorsque j’étais en place, j’ai demandé l’apport de quatre recrues avec la promesse d’atteindre la finale de la Coupe d'Algérie et de finir dans le top 3 en championnat.

 

Quelle est la vérité que les supporters du CS Constantine ignorent ?

Aux supporters, je veux dire que tout n’est pas toujours comme présenté. Il y a beaucoup de problèmes invisibles pour eux. Malgré cela, nous avons obtenu de bons résultats.

 

Durant votre passage au CS Constantine, vous avez reçu des offres de plusieurs clubs de L1, mais vous les avez refusées par respect pour votre équipe…

Oui, j’ai reçu des offres de clubs algériens lorsque j’entraînais le CS Constantine, mais par respect, je n’ai discuté avec personne.

 

Selon nos informations, il y aurait eu des négociations avec un grand club en Algérie…

Aujourd’hui, j’ai encore des offres de grands clubs algériens, mais je préfère ne pas en parler.

 

Que pensez-vous du championnat algérien ?

Je respecte beaucoup le championnat algérien. Il est physiquement intense, tactiquement sous-estimé, et la passion est incroyable.

Les infrastructures doivent s’améliorer, mais le niveau de jeu est élevé.

Le principal problème est le manque de stabilité des clubs, avec des changements rapides d’entraîneurs et une mauvaise gestion financière.

 

Êtes-vous prêt à revenir de nouveau dans le championnat algérien ?

J’aime énormément l’Algérie et son peuple, ainsi que son football. Mon expérience a été très positive. J’espère, si Dieu le veut, revenir un jour en Algérie.

 

Quelques semaines avant la Coupe du monde, comment voyez-vous les chances de votre pays, la Bosnie, dans son groupe avec le Canada, la Suisse et le Qatar ?

Je pense que la Bosnie-Herzégovine a de fortes chances de passer au second tour de la Coupe du monde de la FIFA dans un groupe plus ou moins abordable.

 

Et comment voyez-vous les chances de l’Algérie face à l’Argentine, la Jordanie et l’Autriche ?

Je pense aussi que l’Algérie a ses chances dans son groupe avec l’Argentine, la Jordanie et l’Autriche.

L’Argentine est le grand favori pour finir en tête du groupe, mais l’Algérie a actuellement une meilleure équipe et peut passer au tour suivant avec beaucoup de certitudes.

 

K.D.