Allik dit tout à Compétition : « Ils utilisent mon fils pour me salir »

Publié le : 12 Février 2026

Figure emblématique de l’USM Alger, Saïd Allik a choisi de sortir du silence. Le directeur général sportif des Rouge et Noir nous a accordé un entretien exclusif pour évoquer, sans détour, les problèmes internes qui minent le club de Soustara.

 

Neuf mois depuis votre grand retour aux affaires de l’USM Alger, quel bilan dressez-vous de cette période ?

Je suis amplement satisfait. Compte tenu du problème financier auquel le club faisait face, et de la qualité  de l’effectif en place, je considère que la situation était catastrophique. On aurait jamais pu démarrer la nouvelle saison sans le grand soutien et l’apport financier du propriétaire du club, en l’occurrence le groupe Serport et de sa tutelle, à savoir le ministre des Transports. Dieu merci, deux mois après mon retour, on arrive à gagner un titre, celui de la Coupe d’Algérie.

 

Avouez quand même que vous aviez rencontré certaines difficultés à l’intersaison, notamment lors du mercato estival…

 

Effectivement, j’ai dû faire face à certains problèmes, surtout la formule du contrat-type du joueur professionnel élaborée par la FAF et la LFP, qui stipule que le joueur doit être payé selon son rendement. Je trouve que cette démarche intéressante, sauf qu’on dû l’annoncer au moins une année auparavant. La raison est simple : de nombreux joueurs étaient liés avec leurs clubs respectifs par des contrats selon l’ancienne formule. C’est pourquoi nous avons rencontré beaucoup de difficultés à engager de nouveaux joueurs, puisqu’il fallait libérer des licences afin de recruter d’autres éléments. Par exemple, si vous décidez de vous séparer d’un joueur, vous devrez débourser une fortune représentant l’indemnité du départ. Quant aux joueurs, ils préfèrent évidemment l’ancienne formule car cela les protège. Ce qui explique leurs réticences quant à signer de nouveaux contrats. Je n’écarte pas toutefois la possibilité de voir la nouvelle formule porter pourquoi pas ses fruits dans les prochaines années. Au risque de me répéter, c’est l’une des raisons qui a freiné notre recrutement à l’intersaison.


Fort heureusement qu’il y avait une ossature en place, n’est-ce pas ?

Certes, mais le groupe n’était pas complet. Il faut reconnaître qu’on avait fait une fin de saison en deçà de nos prévisions en championnat. Heureusement, la Coupe d’Algérie a sauvé les meubles. Néanmoins, je reconnais que les joueurs sont des fils de bonnes familles. Je tiens, à l’occasion, à leur rendre hommage.


Mais le nouveau contrat-type n’a pas empêché d’autres clubs, tels que la JSK, le CRB et le MCA, à investir le marché des transferts…

Nous aussi, on aurait pu se permettre des folies, mais on était obligés de respecter les limites budgétaires imposées par le propriétaire du club à qui nous rendons des comptes.

 

Si vous permettez, on va aborder la question du coach. Comment expliquer le choix porté sur Benchikha, alors qu’il n’était pas initialement dans vos plans ?

Effectivement, au début, on était en pourparlers avec des entraîneurs de renommée internationale, sans manquer de respect évidemment à Benchikha que l’apprécie beaucoup. On avait contacté à l’époque Aliou Cissé et Eric Chelle. Concernant ce dernier, il s’était montré chaud à l’idée de venir à l’USMA, malheureusement, ses engagements avec la Fédération nigériane l’avaient empêché de nous rejoindre. Quant à Cissé, il n’était pas  intéressé d’entraîner un club. Il était même question de faire revenir Juan Carlos Garrido. On avait même tout conclu avec lui. Mais au moment où il était attendu pour signer, son avocat nous appelle pour exiger une prime de signature de 100 000 euros. C’est pourquoi, j’ai décidé de tout arrêté à la toute dernière minute. J’avoue que sur le marché local, le choix était limité. Moi en tant que directeur général sportif, j’étais confronté à un dilemme : soit céder à la pression de la rue, soit assumé pleinement mes responsabilités. A quelques jours de l’entame de la nouvelle saison, il fallait trancher. Alors, j’ai décidé d’opter pour Benchikha. C’est le seul qui était disponible. Je reconnais qu’il a du caractère et qu’il avait aussi la chance de connaître pratiquement tous les joueurs.

 

Bien que Benchikha ait fait gagner à l’USMA ses deux premiers titres africains, son retour a été mal perçu par de nombreux supporters du club. Quelle est la raison, selon vous ?

À mon avis et sans rentrer dans les détails, Benchikha a été victime d’une cabale avant même l’entame de la saison. Il était la cible privilégiée d’un groupe de supporters. Il m’avait confié à l’époque qu’il n’avait pas été soutenu par l’ancienne direction. Par exemple, en 2023, il avait réclamé certains joueurs, mais on lui a ramené d’autres. Ce n’était pas évident de le convaincre de revenir après tout ce qu’il avait enduré lors de son premier passage à l’USMA.

 

Votre ancien coach à finir par céder à la pression d’une partie du public qui n’a jamais voulu de lui. L’avez-vous dissuadé de revenir sur sa démission ?

Il avait déjà émis le vœu de partir à trois reprises depuis l’entame de la saison. Mais je m’étais fermement opposé. S’il avait décidé de rester, c’est grâce au soutien de la direction et du groupe Serport. Pour votre information, avant le match face à Djoliba, il m’avait supplié de le laisser partir. Il a décidé de rentrer chez lui. Pour lui témoigner mon soutien et de la bonne foi, je lui avais envoyé Mustapha Laâroussi (secrétaire de l’équipe séniore, ndlr). Finalement, il était revenu à de meilleurs sentiments. Je ne comprends pas cette hostilité à son égard avant, pendant et après le match. C’était la goutte qui a fait déborder le vase. Son départ était inévitable. Je voudrais souligner un comportement que je trouve étrange d’une partie du public usmiste…


Allez-y…

J’ai remarqué que ces dernières années des groupes de supporters usmistes ne s’entendent pas, une culture étrangère à un club comme l’USMA. A une époque récente, notre force résidait dans l’union de notre valeureux public. Il y a avait un seul groupe, pas trente-six. L’occasion m’est donnée de lancer un appel solennel à nos supporters pour faire barrages aux opportunistes qui veulent nuire  à l’équipe.

 

 

Là, vous nous tendez la perche par rapport à ce qui s'est passé à San Pedro où un  groupuscule de supporters s’en est pris à votre personne. Peut-on connaître votre version des faits ?

 

Déjà avant San Pedro, il y avait le match qu'on a joué à Safi au Maroc. Un  groupe de supporters s'est déplacé spécialement au Maroc pour  nous insulter sans aucune raison apparente, alors qu’on avait gagné. Cette violence gratuite s'est renouvelée à San Pedro et c’était encore plus grave. La question que je me pose : qui est derrière ces énergumènes ? Et pourtant notre équipe est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe de la CAF et de la Coupe d'Algérie, et elle est en course pour le podium.

 

Comment expliquez-vous cette hostilité à votre égard, alors que votre nom est gravé à jamais dans l’histoire du club, vous qui avez offert à l’USMA une grande partie de ses titres ?

Je ne sais pas qui manipule qui. Mais tout ce que je peux dire que ces pseudo-supporters sont manipulés par des gens de l’intérieur du club. Je suis convaincu qu'il y a des intérêts derrière tout ça. Un club tout seul ne peut pas régler ce problème. Je pense que les pouvoir publics doivent s'impliquer et suivre ça de près.

 

Ces agissements pourront-ils vous déstabiliser ?

 

Ils ne peuvent pas me déstabiliser. Tant que j'ai le soutien du propriétaire du club et de la tutelle, je suis là et je vais continuer ma mission. C'est clair, net et précis. Je suis venu aider le club et le restructurer. C’est ma seule motivation. Pour répondre à ces agitateurs, je ne céderai pas et je continuerai encore et encore à servir mon club.

 

Permettez-moi cette remarque : un de vos fils est souvent cité au sein de l’entourage du club. On l’accuse de s’immiscer directement dans les affaires du club…

 

Là, c'est vraiment du n'importe quoi.

Mon fils ne s'est jamais mêlé des affaires de l’USMA bien qu’il soit

le quatrième actionnaire du club, chose que les gens oublient.  Il aime l’USMA depuis son enfance et il consacre son temps et son argent au club. Afin de me nuire, ils s’attaquent à ma famille.

 

Et cette histoire d’équipement... Pour me donner l’occasion d’éclairer ce point. Mon fils n’a rien à voir avec cette histoire. C'est de la méchanceté gratuite. On a voulu salir ma  personne, à travers une histoire sordide. Une machination diabolique. Des documents, et autres cachets, livraisons et réceptions prouvent la véracité de mes dires. Je considère que, c'est un faux débat.

 

Peu-t-on connaître exactement vos prérogatives en tant que directeur général sportif, car il y a eu trop de spéculations à ce sujet ?

 

Vous savez, mes prérogatives sont claires et définies contractuellement. Je suis le responsable de tout le volet sportif. Ni le président du conseil d’administration ni quelqu'un d'autre ne peut s'immiscer dans mon travail.

Je ne dois rendre compte qu’aux membres du PCA et c’est mentionné noir sur blanc.sur mon contrat.

 

Vous avez évoqué le nouveau président du conseil d’administration, Bilal Nouioua. Quelles vos relations avec le PCA ?

Pour le moment, il vient de débuter. Il est en train de connaître la situation et son environnement.

 

On rapporte que le courant ne passe pas entre vous, vous confirmez ?

 

Pour votre information, j'ai milité pour qu'il occupe poste. Evidemment qu’on a de divergences de vues, c’est légitime. Le seul conseil que je puisse lui donner, c’est d’éviter de gérer l’USMA comme on l'a fait avant lui. Malgré son manque d'expérience, Il essaie de faire de son mieux dans l’intérêt du club.

 

Une affaire qui alimente l’actualité du club, celle du joueur Abada dont le transfert a failli capoter. Peut-on connaître la version des faits ?

 

Il n’y a pas d’affaire Abada. C’est un joueur que j’ai contacté lors de la Coupe arabe de la FIFA. C’est donc moi qui l’ai ramené. J’ai tout finalisé avec lui et le président Medouar. Ce dernier a fixé un montant pour le transfert en donnant la priorité à l‘USMA sur le plan local. J’ai mis au courtant le président du conseil d’administration, lequel n’a dit ni oui, ni non. J’ai informé la direction de Serport que nous sommes intéressés parce profil avec qui on peut construire un projet. Je n’ai aucune divergence avec le PCA sur ce dossier.

 

Qu’en est-il du dossier de l’entraîneur. Avez-vous trouvé un successeur à Benchikha ?

 

 J’ai demandé différents avis au sein de mon entourage. On m’a appris que Hamdi était libre après son départ d’Al- Ismaili. J’ai pris donc attache avec lui. Et nous avons discuté de toutes les modalités d’un éventuel contrat. Il m’a dit qu’il était prêt à venir dans une semaine à dix jours. Il a fait une proposition de salaire. Nous lui avons fait une contre-proposition, qui était raisonnable. On est arrivés à un accord qui arrange les deux parties.

Je me suis engagé avec lui  en lui assignant l’un objectifs, sur six moi, le podium du championnat, la Coupe d’Algérie ou la Coupe de la CAF.

 

Peut-on affirmé que Hamdi est le nouvel entraîneur de l’USMA ?

Pour moi il tient toujours la corde sauf qu’en mon absence j’ai appris qu’on a contacté d’autres entraineurs. Je ne sais pas qu’il a fait, mais ça doit être certainement de l’intérieur du club. A la rigueur on aurait pu m’informer. Mais on ne fait pas ça derrière le dos du directeur général sportif, parce que c’est moi qui encaisse, pas eux.

 

Que comptez-vous faire ? Allez-vous poser le problème au propriétaire du club ?


Pour moi, seul le temps et la patience régleront le problème. Il faut rester sage et travailler collectivement. Il faut que chacun comprenne sa mission. Si moi je ne peux pas régler tous les problèmes de l’USMA, comment voulez-vous que le PCA puisse le faire ? N’importe qui ne pourra pas les régler, mais ensemble, on pourra le faire.

 

Un dernier mot pour clore cet entretien…

 

Je tiens à rendre hommage à Serport et à la tutelle, grâce auxquels nous avons pu nourrir de grandes ambitions, notamment viser le podium, la Coupe d’Alg2rie et la Coupe de la CAF. Comme je suis un gagneur, je pense qu’on peut gagner au moins un titre à la fin de la saison. Enfin, j’appelle les autorités politiques à doter l’USMA, club historique, d’un stade digne de ses ambitions, à l’image de ce qui a été fait pour d’autres clubs que je félicite.                                                                                                                                  

A.S.

 

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