EN : Belfodil, son Ramadhan fait le buzz

Lorsqu’on est l’attaquant de l’Inter de Milan, on n’est pas un musulman comme un autre.

C’est ce qu’a dû constater Ishak Belfodil après le véritable «buzz médiatique» que son jeûne durant ce mois sacré de Ramadhan a créé. Il n’y a pas un journal, pas un site internet, pas une émission radio ou télévisée qui n’ait pas parlé de l’attaquant algérien et de son mois de Ramadhan. Tous les aspects de ce mois sacré et de ses conséquences physiques ont été abordés.

Le staff médical du club est surbooké

Mais plus qu’Ishak Belfodil, c’est le très moderne et très conséquent staff médical de l’Inter qui est le plus sollicité dans cette affaire et qui tourne à plein régime. Peu habitués, hors commentaires sur les blessures des joueurs, à être autant médiatisés, l’agenda des médecins de l’Inter affiche complet. Et les questions de nos confrères transalpins, qui ont dû se documenter en amont concernant le mois sacré et le jeûne, sont très pointues. Pour le médecin chef des Nerazzuri,  Franco Combi, qui s’exprimait sur la chaîne Inter Channel, Ishak Belfodil avait prévenu le club et l’accomplissement de sa foi religieuse n’est pas un problème. Il a déclaré que leur tâche en temps que médecin était de gérer les nuits d’Ishak, seule plage où il était autorisé à s’alimenter, pour lui permettre d’absorber la quantité de nourriture et de vitamine optimale pour lui permettre de tenir le plus longtemps possible la journée et d’éviter par là même au maximum, l’hypoglycémie, voire la grosse fringale, comme on dit dans le jargon cycliste. Pour le docteur Combi, le plus dur à gérer ce n’est pas le jeûne du Ramadan, mais la durée de celui-ci. Il a déclaré que le Ramadhan est plus facile à gérer en hiver qu’en été compte tenu de la longueur de la nuit, où il est autorisé de s’alimenter par rapport au jour où il faut jeûner. Là nous sommes en juillet et nous devons faire face à 18 heures 30 de jeûne pour seulement 5 heures 30 pour absorber des aliments, ce qui rend notre tâche compliquée en cette période de préparation estivale où le physique est mis à rude épreuve.

Tiendra-t-il le coup ?

D’autres médias italiens, comme nos confrères de Goal, ont préféré s’interroger sur les capacités du joueur, qui pratique un long jeûne, à tenir le coup lors de ce stage de préparation physique d’avant-saison. Malgré le message rassurant du médecin chef du club milanais, le Ramadhan étant un «phénomène nouveau» dans le Calcio, on s’interroge sur les capacité d’un joueur qui pratique un jeûne de 18 heures par jour où il lui est certes interdit de manger, mais surtout interdit de s’hydrater, depuis six jours à tenir la distance dans une préparation qui est déjà difficile lorsqu’on ne jeûne pas. L’Inter est actuellement en plein stage d’oxygénation, de travail physique et de travail foncier, à 770 mètres d’altitude, dans le Pinzolo, sous un soleil de plomb, et du côté de l’Italie, on s’inquiète pour la santé de Belfodil. Surtout connaissant la réputation de l’entraîneur Walter Mazzari, qui aime les stages commando et le travail physique à l’italienne, jusqu’à en vomir ses tripes.

Aider Belfodil jusqu’au 7 août

Enfin, c’est plutôt l’optimisme qui est de mise du côté de certains de nos confrères comme Calcionews ou Canale Inter qui pensent que l’Algérien est entre de bonnes mains, car le service médical de l’Inter est l’un des plus compétents au monde et qu’il fallait juste aider et accompagner l’Algérien durant cette période jusqu’au 7 août qui marquera la fin du jeûne. Pour ces médias, Belfodil a de la ressource et sa préparation, si elle est bien gérée, se passera le mieux possible. Belfodil aura été certes freiné par la faim et la soif, mais sa préparation ne sera pas tronquée, loin de là, car il est bien entouré. La meilleure déclaration qui corrobore cette thèse est celle qu’a faite  hier l’entraîneur des Nerazzurri, Walter Mazzari, à nos confrères de La Gazetta Dello Sport : «Ishak fait le Ramadhan et nous gérons en conséquence.»

Il a le soutien des supporters

Cette grosse campagne médiatique concernant son Ramadhan dans les médias transalpins n’a en rien entamé sa popularité chez les tifosi. Alors qu’on décrit souvent les supporters italiens comme intolérants et très à droite, voire à l’extrême droite sur l’échiquier politique, c’est tout le contraire qu’à pu constater l’Algérien lors de la petite fête de présentation de l’équipe et des joueurs qui a eu lieu à la Piazza San Giacomo de Pinzolo. Lorsque le speaker l’a invité à venir au devant de la scène et a cité son nom, Ishak Belfodil a eu droit à une longue et chaude acclamation des nombreux supporters nerazzurri présents. Très ému par cet accueil chaleureux, il leur a dit : «Merci à tous ! Nous espérons faire une grande saison.»

L’Inter de Milan a bousculé le protocole pour lui

Encore une leçon de tolérance de l’Inter de Milan, qui, encore une fois, est exemplaire dans cette affaire, alors qu’il est d’usage, lors de ce genre de cérémonie, que l’entraîneur et le capitaine de l’équipe s’expriment les premiers. L’heure du ftour et de la prière arrivant à grand pas, les officiels du club ont décidé de bousculer le protocole en permettant à Belfodil de s’exprimer en premier pour pouvoir s’éclipser ensuite pour aller prier puis manger. Certains clubs français, espagnols et allemands, et certains entraîneurs comme Alain Perrin ou encore Antoine Kombouaré, devraient prendre exemple sur l’Inter de Milan dans ce domaine.

Le numéro 7 pour Belfodil

Alors qu’initialement, l’Inter de Milan lui avait officiellement attribué le numéro 18, il semble que l’attaquant algérien, Ishak Belfodil, ait finalement opté pour un autre numéro, le 7. Belfodil aurait choisi de changer de numéro, pas par caprice ou pour embêter sa nouvelle équipe, mais par superstition. Les médias italiens rapportent que Belfodil aurait expliqué à ses dirigeants que pour mettre toutes les chances de son côté, il préférait le numéro 7, car c’est son numéro fétiche. Heureusement pour lui, ce numéro était disponible.

Mohamed Bouguerra

Classement